Fraise du plateau d’Orgeval

Yvelines

Les premiers fraisiers ont probablement été introduits en France par Jacques Cartier à la fin du XVIe siècle. Jusqu’à la moitié du XXe siècle, la fraise était très répandue en Ile-de-France. En particulier dans la vallée d’Orgeval, sur les terres fertiles, propices à la culture de fraises en pleine terre alimentées par le Ru (affluent de la Seine). A partir des années 1950, le plateau d’Orgeval se transforme, les petits bourgs ruraux et agricoles deviennent des villages résidentiels de l’agglomération parisienne. Les communes sont touchées de plein fouet par la périurbanisation, et la pression immobilière fait rapidement diminuer le nombre de terres agricoles. Sur la commune de Morainvilliers, Philippe Nantois est désormais le dernier producteur de fraises, alors qu’ils étaient plus d’une centaine à l’arrivée de ses parents en 1950.

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Dégustation :

Sucré, très aromatique.

Reconnaissable à sa forme conique, akènes (graines) marqués et dorés.

Moelleuse.

Saisonnalité :

  • J
  • F
  • M
  • A
  • M
  • J
  • J
  • A
  • S
  • O
  • N
  • D

En septembre, il s’agit de la deuxième fructification de « fraises remontantes ».

Méthode de culture

Devant composer avec un accès limité à l’eau, Philippe a choisi de se tourner vers une technique de production ancienne et fait partie des deux derniers producteurs des Yvelines à cultiver des fraises en pleine terre, sans serre. Sans possibilité d’irrigation goutte à goutte, tout repose sur l’association binage/paillage. Il s’agit de retourner la terre autour du fraisier pour briser la croûte qui se forme sous l'effet des pluies. Ainsi, la terre est plus perméable à l’eau et les fraises peuvent être abreuvées jusqu'aux racines. En constituant un réseau racinaire plus important, les fruits sont aussi plus robustes. De plus, en émiettant la terre, le binage limite l'évaporation de l'humidité contenue dans le sol. Cette technique est contraignante puisqu’elle impose une cadence de travail importante après chaque averse. Une fois mis en terre, les plants fleurissent trois années consécutives. Au printemps, lorsque les premières fraises pointent, le paillage commence. Il s’agit de recouvrir de paille le pied des plantes pour le protéger, ce qui limite l’évaporation de l’eau présente dans le sol. De plus, le fruit ne touchant pas le sol, cela le protège des champignons. La fraise est cueillie à maturité.

Particularité

Depuis les années 1970, c’est un chemin chargé d’embuches que ce passionné de la terre traverse avec sa femme, Dominique. En effet, depuis les années 1970, les prix des denrées agricoles chutent en flèche, tandis que les coûts de production ne diminuent pas. Lorsqu’il rencontre Terroirs d’Avenir en 2008, Philippe est sur le point de renoncer au maraîchage, pour se concentrer sur le maïs, comme tous les agriculteurs voisins. La famille Nantois se heurte également à la problématique de l’urbanisation galopante de son environnement. Tout autour de leurs champs, les lotissements fleurissent, et les agriculteurs disparaissent. Il est donc vital pour eux de continuer à entretenir les jachères sur leur domaine de 30 hectares, afin d’empêcher la friche de gagner du terrain, car en la présence de celle-ci, les terrains deviennent constructibles. De plus, Philippe bénéficie d’un accès à l’eau très limité, en raison de la surexploitation de la ressource. Cela l’a conduit à privilégier des légumes moins gourmands en eau et un mode de culture basé sur le binage et non sur l’arrosage.

Paysages & Territoires

Située au nord de la plaine de Versailles et au sud-est de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, la vallée d’Orgeval est traditionnellement une terre de maraîchage. Mais les terres limono-argileuses de ce sol fertile subissent le même sort que toute la ceinture verte. On assiste à une disparition des exploitations maraîchères, au profit des exploitations céréalières et des sociétés immobilières. Aujourd’hui, les souvenirs d’enfance de Philippe Nantois sont loin. Le temps où l’on trouvait dans le village de Morainvilliers plus d’une centaine de petits lopins de terre chacun appartenant aux propriétaires locaux, spécialisés dans la culture de fruits rouges, et où l’on pouvait sentir la fraise dans tout le village les jours de marchés, est bel et bien révolu.

Suggestions d'utilisation

Délicieuse en tarte ou en charlotte, la fraise d’Orgeval se consomme avant tout nature, riche de la saveur d’un terroir bien spécifique.

Producteur : Philippe et Dominique Nantois

Philippe et Dominique Nantois

Philippe Nantois a grandi à Morainvilliers, dans la ferme de ses parents, située à 35km au Nord-Ouest de Paris. Il passe son enfance dans les champs et apprend tôt le dur métier de maraîcher. Il reprend l’exploitation en 1973. Sa femme, Dominique, arrête son activité de pharmacienne pour travailler à ses côtés. Ils cultivent actuellement 5 hectares de légumes : courgettes, légumes racines, maïs doux, concombres, capucine, moutarde, poivrons… et 2 hectares de fruits, dont les fraises et les framboises d’Orgeval. La production est écoulée en vente directe à la ferme, tous les samedis de 11 heures à 14 heures. Ils ont aussi installé un distributeur automatique de fruits et légumes devant la cour de la ferme, similaires à ceux que l’on peut croiser dans les pays nordiques. Le reste de la production est achetée par Terroirs d’Avenir. La production de fraise reste très modeste, environ 4 tonnes par an.