Portrait de Christophe Collini

19 septembre 2015

Terroirs d’Avenir compte parmi ses fournisseurs des personnages hauts en couleurs. Christophe Collini en fait partie. Ce maraîcher appartient à la catégorie des reconvertis passionnés. Cadre dans l’industrie, il parcourt le monde pendant des années pour des raisons professionnelles et mène une vie à cent à l’heure, qui le fait circuler de Dubaï au Maroc en passant par l’Italie. A la naissance de sa fille en 2003, il confie avoir pris “une vraie claque”. Il perd ses repères, ne trouve plus de sens à sa vie telle qu’il l’avait menée jusque-là. Commence alors pour lui une longue introspection, un chemin quasi-spirituel, qui le ramène à ses origines, la terre. Après sept années de réflexion, consacrées à l’éducation de sa fille, il se lance dans le maraîchage. Il s’installe là où il trouve des terres : à Saint-Péver dans les Côtes-d’Armor (22), à 10 km de Guingamp.

C’est la révélation. Il tombe “amoureux de ses légumes” et n’a de cesse de dénicher de nouvelles variétés. Avec sa compagne, il cultive actuellement 1400 variétés différentes de fruits et de légumes. Sur un domaine de 3,5 hectares autour de la forêt d’Avaugour, ils produisent notamment navets, courges, choux, aubergines, tomates, mesclun, courgettes… Christophe pratique la biodynamie et attache beaucoup d’importance à produire des aliments “vivants”. A cet effet, il réalise lui-même son terreau selon une méthode de compostage japonaise, le bokachi.

Il met également en oeuvre de nombreuses expérimentations. Les défis sont multiples : retrouver des variétés “disparues”, les acclimater au climat et au sol bretons, et parvenir à les cultiver d’une manière économiquement viable. Membre de Semences Paysannes, ce militant de la biodiversité réalise toutes ses semences lui-même, ou les échange avec d’autres passionnés dans le monde entier. L’un des rêves de ce maraîcher, qui se définit plus comme “jardinier fou” que comme producteur de légumes, réside dans la possibilité de partager ses variétés disparues avec des maraîchers, afin de les remettre en culture et de permettre de retrouver ces variétés oubliées sur les étals.