Merlu de ligne du Pays Basque

Pyrénées-Atlantiques

Le merlu, également appelé colin, est un poisson marin, vivant le long des côtes de la Norvège à la Mauritanie, ainsi qu’en Méditerranée. C’est un poisson démersal : il vit dans les profondeurs le jour et remonte à la surface la nuit pour chasser. Les ressources étaient encore abondantes il y a quelques années, mais les populations subissent la pression croissante des pêcheurs industriels. En effet, face à l’instauration de quotas voire de l’interdiction de pêche de plus en plus d’espèces, les gros pêcheurs se reportent sur le merlu. Actuellement, c'est l'un des poissons les plus pêchés en Europe.

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Dégustation :

Peu prononcé.

Le merlu est un poisson au corps allongé, recouvert de petites écailles brunes pouvant parfois être mouchetées. Le dos est gris bleuté, les flancs plutôt clairs et le ventre gris argenté. Il possède des dents fines et pointues. Il est pourvu de deux nageoires dorsales, l’une est courte, assez haute, l’autre est longue et plus basse. Adulte, il mesure entre 30 et 110 cm.

Fine, fondante, peu fibreuse. Peu d’arêtes.

Saisonnalité :

  • J
  • F
  • M
  • A
  • M
  • J
  • J
  • A
  • S
  • O
  • N
  • D

La pleine saison se situe au printemps

Méthode de pêche

Chaque matin, Anne-Marie et ses deux collègues partent du port de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) vers 7h. Durant les 2h de route, ils préparent les palangres en appâtant les 1300 hameçons avec des sardines. Une fois arrivés à la Fosse de Cap-breton, ils mettent les lignes à l’eau selon une technique artisanale. Ils lancent les hameçons un par un. Ensuite, chaque poisson est remonté individuellement. Le produit de la pêche quotidienne peut varier de 10 à 400kg. La taille minimale de capture est de 27 cm. Comme les poissons sont pêchés à l’hameçon, ils peuvent être remis à l’eau si leur taille ne convient pas. Le merlu pêché à la ligne peut être distingué à vue d’œil du merlu pêché au chalut ou au filet. Grâce à cette technique, la chair et les écailles sont intactes. De plus, les bateaux partent à la journée, alors que les gros bateaux partent en mer deux à trois semaines. Pendant ce temps, le poisson reste dans la glace…Le merlu de ligne est donc beaucoup plus frais.

Histoire & spécificité

Traditionnellement, le merlu était plutôt pêché par de petits pêcheurs. Cependant, de plus en plus de poissons étant concernés par l’instauration de quotas voire des interdictions, certains gros pêcheurs se sont récemment tournés vers cette ressource encore peu exploitée. Désormais, le merlu est avant tout pêché par les chalutiers de fond et pélagiques. Lorsque le poisson est pêché au chalut de fond, les fonds marins sont saccagés. En effet, cette technique de pêche consiste en l’utilisation de chaînes à lourds maillons métalliques pour traîner les filets. Depuis, les populations de merlus diminuent et, depuis 2009, sa pêche est soumise à des quotas. Pour les petits pêcheurs, la sanction est double. Alors que cette espèce se vendait à un prix relativement élevé ces dernières années, le cours s’est effondré. De plus, l’instauration de quotas pénalise les petits artisans. Ils sont en effet attribués en priorité aux gros bateaux. En pêche industrielle, les armateurs ne sont pas navigants, ils ont donc la possibilité de se structurer et faire du lobbying auprès des instances. Les petits pêcheurs sont la journée en mer et peinent à s’organiser. Ce sont donc ceux qui pratiquent une pêche respectueuse qui se voient refuser le plus de droits de pêche.

Suggestions d'utilisation

Le merlu ne se consomme jamais cru. Ce poisson vit dans les fonds vaseux et peut donc être attaqué par des parasites. Il contient très peu d’arêtes, en particulier le dos, et est idéal pour les enfants, par exemple en version panée. Il est également bien adapté à la cuisson en papillotes, avec un filet de citron. Il peut se consommer froid.

Producteur : Anne-Marie Vergez

Anne-Marie Vergez

Patron pêcheur du Nahikari, Anne-Marie Vergez pratique la pêche artisanale du merlu de ligne depuis plus de vingt ans. Amoureuse de la mer, elle défend depuis toujours une pêche respectueuse des ressources halieutiques et de l’environnement. Secondée par Patrick et Mathieu, elle ne pêche qu’à la palangre, une technique respectueuse de la ressource, puisque seuls les poissons qui ont mordu à l’hameçon sont pêchés. Elle est également peu gourmande en gazole. Anne-Marie insiste sur la nécessité de distinguer les “petits métiers” des “gros métiers”. Les petits pêcheurs sont ceux qui officient sur des bateaux de moins de 12m, partent à la journée en mer et comptent leurs prises non pas en tonnes, mais en kilo. A Saint-Jean-de-Luz, ils sont une dizaine dans ce cas et sont les seuls à pêcher le merlu de cette manière sur la façade Atlantique.